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Inbo, la boite des Vosges qui fait feu de tout bois.

Bannière vendeur Inbo

Aujourd’hui on part au grand air ! On va se promener dans une bien belle région et se perdre dans ses grandes forêts de conifères. Là, dans un petit village typique se cache (presque) la société Inbo. Quand on pénètre à l’intérieur des locaux, avant même de parler à quelqu’un, c’est surtout la douce odeur du bois que l’on rencontre. Nous sommes accueilli par Quentin, un des cinq associés, le Monsieur skate du groupe. « Bienvenue, ici on fait des skates, des vélos et des lunettes nous dit-il avec un large sourire ». Tiens donc, c’est étonnant, pas tant que ça finalement.

InBô, kesako ?

En patois Vosgien [In’bô] (ou InBô, Inbo) ça signifie en bois. C’est bien celui-ci qui est au centre de toute les attentions.

Inbo utilise du bois feuilleté, tranché ou déroulé d’essences locales (noyer, merisier, chêne, hêtre…) et du bambou (en provenance d’Anduze) de différents diamètres.


Les feuilles de bois sont croisées pour la résistance car tous les bois n’ont pas les mêmes propriétés, notamment dans le pliage. Le feuilletage est essentiel dans la fabrication des long et short boards, car il donne au skate sa solidité et sa souplesse.
De plus, la tranche reste visible et les 7 couches de bois apparaissent comme le gage d’un travail artisanal de qualité. Ce procédé est également utilisé pour la fabrication des lunettes. Pour les vélos en bambous, l’ajout de fibres de lin au niveau des « soudures » est obligatoire, sans pour autant nuire à la légèreté et à la résistance de l’ensemble. Tous les matériaux (y compris le verre des lunettes et le cuir des étuis) proviennent de fournisseurs locaux si possible, français toujours.


Pour In’Bô c’est une question d’éthique, le renouveau de la filière bois, ils y croient à fond!

Vue de l'atelier de la société Inbo
L’atelier tout neuf au milieu de la forêt
Étagère industrielle sur laquelle sont disposé des feuilles de bois d'essences et couleurs variées, atlier d'Inbo
Feuilles de bois prêtes à devenir des lunettes

InBô, une histoire de copains

Inbo c’est avant tout une histoire de copains. Aurèle, Quentin, Pierre-Thomas, Robin et Antoine. Durant leurs études, les cinq amis ont alors expérimenté des pratique nouvelles lors de stages et côtoyé des entreprises qui les ont inspirées . Robin est de son côté passé par un fabricant de vélos en bambou aux USA également. « Au départ nous fabriquions des skis, comme ça pour le plaisir. Puis nous est venue l’idée d’offrir des lunettes aux étudiants qui allaient être diplômés » Si le principe du cadeau à la promo supérieure est une tradition à l’Enstib, l’objet est inédit. « En les fabriquant, nous avons eu l’idée de nous lancer avec notre propre marque. Les skates et les cycles sont venus rapidement ensuite. »

Le "boi's band" comme ils s’appellent eux-mêmes, les créateurs de la société Inbo
Le « boi’s band » comme ils s’appellent eux-mêmes

Des produits made in France haut de gamme

Pourtant l’aspect marketing est important : les skates et les lunettes sont travaillés de façon à ce que le veinage du bois (chaque essence donne sa couleur) reste apparent, le look compte plus que le design au sens où les produits, excepté le vélo, conservent des formes simples pour un usage mécanique et une culture traditionnelle dans le procédé de fabrication.

De nombreuses étapes sont réalisées totalement à la main. Le travail du bois, ce n’est pas que de la menuiserie traditionnelle ou de l’artisanat d’art un peu vieux jeu. Antoine et Quentin intègrent de la marqueterie dans les
skates et les lunettes, mais en conservant un look branché, sportif, jeune, fashion… et tous ces mots-concepts qui traduisent une certaine façon de vivre. « On dessine ce qui nous plaît, on le fait au feeling.

Le design en tant que concept, cela ne nous parle pas trop, mais on peut avoir des collaborations ponctuelles avec des designers». Le secteur des lunettes tente d’ intégrer le marché des opticiens, tant sur des montures à verres optiques que sur des verres solaires et cherche à capter un public un peu plus âgé, en recherche d’originalité et de qualité fait main. Pour pouvoir augmenter légèrement le prix et se positionner parmi les marques haut de gamme. Aurèle sillonne la France pour implanter la marque Vosgienne chez des distributeurs ciblés. Bientôt, le collectif espère fabriquer des skis et des planches de surf en bois d’ici.

Le bois’band d’Inbo partage son état d’esprit sur les réseaux sociaux, le site s’adresse aux visiteurs comme à des potes… Ces gars-là sont simples et sympa et cela se sent dans l’ambiance qui se dégage aussi à l’atelier. Les Voivres, c’était le bout du monde, mais franchement cela valait le coup, chapeau les mecs !

Découvrez leur boutique sur Atelier d’Art : Boutique [In’Bô]